Germain01Bonjour Fabienne et Guy. Pouvez-vous nous rappeler les titres que vous avez remportés récemment en danses de salon?
Nous concourons dans la catégorie «amateurs» et en mai 2016, nous avons obtenu le titre de champions de France de «danses standards» dans la catégorie des 50 ans. Le 24 octobre 2015, nous avons gagné la coupe du monde des 10 danses (catégorie 50 ans) alors qu'il s'agissait de notre première participation à une compétition 10 danses.

Impressionnant! En quoi consistent ces 10 danses?
Il y a 5 danses latines: cha-cha, samba, rumba, paso doble et jive (une sorte de rock) et 5 danses standards: valse lente ou anglaise, tango, valse viennoise, slow fox et quick step.

Comment cette aventure a-t-elle commencé?
Tout a commencé en 1992 alors que nous habitions en Provence: nous avons eu envie de commencer à prendre des cours de danses avec des amis. Lorsque nous sommes arrivés à Cernay en 1998, nous avons pris des cours avec Blandine puis ensuite à Limours et nous dansons maintenant en compétition depuis octobre 2010.

Quelles sont les conditions à remplir pour concourir?
Il faut être licencié et inscrit dans une école de danse. En ce qui nous concerne, nous suivons depuis 2001 les cours de Martine et Jean-Pierre Marouby: ce sont d’anciens compétiteurs professionnels de haut niveau, professeurs de danses, maître de danse et juges en compétitions nationales et internationales, ils ont créé leur école « M Danses78 » à Rambouillet. Ensuite, c'est par l'école que l'on peut s'inscrire par niveau et par tranche d'âge aux compétitions de l'AMDF (Association des Maîtres de Danse de France) sous l'égide de la fédération WDC (World Danse Council).
La saison commence début octobre pour s'achever fin juin au rythme d'une compétition toutes les 3 semaines environ et ce, dans toute la France.

Germain02Avez-vous une danse de prédilection?
Nous nous sentons plus à l'aise avec les danses standards et avons une préférence pour la valse anglaise (ou valse lente). Il faut savoir que la chorégraphie par danse est toujours identique quelque soit la compétition mais nous découvrons la musique le jour J. A partir du niveau «National», il est possible de faire les figures que l'on souhaite, appelées « figures libres ».

Comment se déroule un championnat?
Il existe 5 niveaux (catégories) de participants: Débutant, Espoir, Aspirant, National et International. Nous concourons au niveau «National» dans la catégorie des plus de 50 ans mais nous participons aussi aux catégories des + de 30 ans, + de 40 ans. Le changement de catégorie se fait par un « passage de médaille », notation sur les 5 danses latines et/ou 5 danses standards par des juges.
Plusieurs compétitions se déroulent sur la journée par catégorie et par tranche d'âge avec un maximum de 24 couples qui dansent en même temps. Nous avons entre 1,5 mn et 2 mn par danse et, si nous franchissons toutes les étapes éliminatoires, nous pouvons effectuer jusqu'à 70 danses de 2 mn dans la journée devant 5 à 9 juges selon les compétitions.

Germain03Sur quels critères êtes-vous jugés?
Nous sommes jugés sur la musicalité (mesure et rythme), sur la technique et sur l’interprétation. Les juges anglais sont généralement plus sensibles à la technique alors que les juges italiens regarderont davantage le charisme.

Tout cela semble très physique. Comment vous préparez-vous?
Nous suivons 3 heures de cours particuliers par semaine avec nos professeurs à Rambouillet puis 4 à 5 heures d’entraînement dans des salles communales. Les semaines sont donc bien remplies!
Pour le reste, nous faisons un peu attention à notre alimentation et consommons des sucres lents avant chaque compétition ainsi que des fruits secs et beaucoup d'eau pendant!

Les tenues de compétitions sont souvent impressionnantes. Cela représente-t-il un budget conséquent?
Oui, dans la mesure où une robe peut coûter entre 500 et 1500 €, voire plus. Elle peut être portée pendant deux ou trois saisons et on peut aussi en trouver d'occasion. Un frac (tenue du danseur pour les standards) coûte plus de 1000€ car il est fait sur mesure mais il peut être porté sur 5 ou 6 saisons. Cependant, il faut savoir que dans les premiers niveaux de compétitions, on danse en tenue de ville et pas de strass sur les tenues. Les chaussures aussi sont spéciales, avec des semelles très souples: il en faut une paire pour les danses latines et une autre pour les danses standards donc 4 paires à emporter quand nous partons en compétition! Les talons des chaussures de femmes sont toujours équipés d'un protège talon qui sert en fait à protéger les sols des pistes de danses.
Si vous ajoutez à cela les frais d'inscription aux compétitions, les frais de déplacement et d'hébergement et les cours, il est vrai que cela représente un petit budget mais c'est notre passion!

Justement, qu'est-ce que cela vous apporte?
Ça permet de se changer complètement les idées, de s'entretenir physiquement, d'avoir un réseau d'amis dans toute la France et de vivre de bons moments de convivialité et d'échanges car, en dehors de la piste, il n'y a aucun esprit de compétition entre les participants. Ce sont de grands moments de satisfaction et de plaisir.

Peut-on commencer à tout âge et quelles qualités faut-il avoir?
On peut en effet commencer à tout âge (de – 10 ans à + de 60 ans) car c'est une activité sportive qui comporte des catégories par tranche d’âge et par niveau. En vieillissant, il est plus facile de faire les danses standards plutôt que les danses latines qui sont plus dynamiques et demandent davantage d’entraînement.
Il faut juste avoir une bonne oreille, du souffle et de l'endurance, de la rigueur dans la tenue et...le sourire!

Quels sont vos projets?
Nous aimerions d'abord conserver notre titre de champion de France que nous allons remettre en jeu en mai 2017.
Avant cette date, nous pensons participer en octobre à notre 1ère compétition internationale au Luxembourg puis ensuite au championnat du monde qui va se dérouler en décembre prochain pendant 3 jours à Disney où l’on verra danser les meilleurs mondiaux professionnels.
Nous souhaitons bien sûr continuer à progresser tout au long de nos diverses compétitions en France et commencer à viser des compétitions internationales telles que celle de Blackpool en Angleterre mais pas avant quelques années car, comme le disent nos professeurs Martine et Jean-Pierre: «il faut 10 ans de compétitions pour commencer à bien danser». Nous avons donc encore une marge de progression!


Propos recueillis par Sylvie Schaftlein
Germain04

Vous connaissez probablement Louis Jelmini, vendeur chez le champion de France du macaron «Le Jardin Sucré» à Cernay-la-Ville. Peut-être savez-vous qu' il est également le talentueux candidat de l'émission The Voice sur TF1? De nombreux Cernaysiens ayant suivi de près son aventure, il a gentiment accepté de répondre aux questions de la rédaction des Brèves

B
160421 010onjour Louis, pouvez-vous vous présenter en quelques mots?
Bonjour, j'ai 20 ans, j'ai grandi à Soulignonne près de La Rochelle en Charente Maritime et je vis maintenant à Cernay-la-Ville où j'ai rejoint mon copain il y a 2 ans.

Comment êtes-vous arrivé au Jardin Sucré?
Je connaissais un peu les patrons, Arnaud et Mélanie, qui ont pensé à moi quand ils ont appris que je cherchais un travail. Je me suis découvert une véritable passion pour la vente parce que j'adore les contacts et que les produits sont très qualitatifs.

Quand et comment la musique est-elle entrée dans votre vie?
Elle en a toujours fait partie. J'ai commencé le violon à l'âge de 6 ans puis le piano. J'ai toujours chanté, notamment avec ma grand-mère que j'accompagnais à la chorale dès l'âge de 5-6 ans. J'ai commencé à prendre des cours de chant en CM2 et j'ai ensuite choisi une option musique au lycée à Royan. Il m'arrivait régulièrement de sécher les cours pour aller en salle de musique!
La musique est une vraie passion qui m'accompagne tout le temps, je chante dans ma tête du matin au soir!

Comment vous est venue l'idée de tenter votre chance à The Voice?
En fait, c'est la production qui m'a contacté. A 16 ans, j'avais posté sur Facebook une vidéo d'un concours de chant où je chantais une chanson de Keziah Jones. La production de The Voice m'avait contacté à l'époque puis fait passer le casting mais je n'avais pas été retenu. Cependant, elle m'avait conservé dans son fichier et m'a recontacté en 2015 pour cette nouvelle édition.

160421 012Aviez-vous déjà chanté en public?
J'avais déjà participé à des concours de chant et à des concerts organisés par mon ancienne prof de chant à Royan mais avec The Voice, c'est la première fois que je chantais devant un large public et surtout devant 7 millions de téléspectateurs!

Racontez-nous les sélections...
Le processus de sélection est très long. Les pré-castings ont commencé vers l'été 2015 avec le directeur artistique de The Voice. Il faut préparer sa propre sélection de 40 chansons (20 en français et 20 en anglais) et il faut en chanter 3. Sauf qu'on m'a fait chanter 3 chansons hors liste!
Ensuite, si on franchit cette étape, un 2è rendez-vous sert à choisir la chanson qui sera interprétée devant les 4 jurés.

Avez-vous choisi vous-même de chanter «Avant toi» de Calogero?
C'est la production qui a choisi cette chanson mais nous en avons discuté ensemble et j'étais entièrement d'accord avec ce choix car cette chanson correspond totalement à ma voix et à ma personnalité et je l'aime beaucoup.

Et ensuite, une fois la chanson choisie?
On répète avec une prof de chant puis avec les musiciens. Ensuite, on l'interprète devant la production de TF1 et si elle a aimé, elle vous appelle une semaine plus tard pour vous dire que vous allez passer les auditions à l'aveugle et là, on n'en revient pas et on est très content!

Quelle est l'ambiance entre les candidats ?
Très sympa, on oublie qu'il s'agit d'une compétition. Spontanément on est ensemble et on chante ensemble, avec l'autre et pas contre l'autre. D'ailleurs, je reste en contact avec beaucoup d'entre eux.

Comment avez-vous vécu cette audition à l'aveugle?
J'ai passé toute la période des sélections «les mains dans les poches» car, à chaque étape, je m'attendais à être éliminé. Au moment des primes, le stress arrive une heure environ avant de monter sur scène et là, c'est terrible, il ne faut surtout pas m'adresser la parole et je n'ai qu'une seule envie: disparaître! Le fait de chanter derrière le rideau m'a aidé car cela contribue à faire baisser le stress mais la contrepartie est qu'on ne vit pas le moment avec la même intensité. Quand j'ai commencé à chanter, j'ai éprouvé un bien-être incroyable comme si vous étiez dans un cocon dans lequel rien ne peut vous arriver.

Qu'avez-vous ressenti quand 2 coachs vous ont choisi? Pourquoi avoir choisi Mika?
Jamais je n'aurais pensé avoir la possibilité de choisir! J'étais donc très content d'autant plus que Mika et Florent Pagny étaient mes 2 favoris. J'ai été touché par l'argument de Mika qui a dit avoir trouvé de l'émotion dans ma façon de chanter et senti chez moi le besoin vital de chanter.

Vous a-t'il vraiment coaché?
Son métier c'est d'être un artiste et pas un prof de chant. Il travaille donc en binôme avec une prof de chant et il donne de précieux conseils.

Quelle est votre état d'esprit après votre élimination la semaine dernière?
Je suis bien sûr déçu d'avoir quitté l'aventure (d'autant plus que c'est un trio qui a gagné la battle), mais je suis en même temps très content car je n'aurais jamais pensé vivre cette aventure!
Cette expérience m'a apporté de la confiance en moi et je suis fier de ce que j'ai accompli.

160421 007Les clients du Jardin Sucré vous en parlent-ils ?
Oui, ils m'en parlent beaucoup et ils sont très contents pour moi. Ils m'ont beaucoup soutenu et encouragé et ils sont bien sûr un peu déçus que ça s'arrête là.

Comment réagit votre famille?
Ma famille est très ouverte et un peu artiste aussi. Ma mère et mon père m'écrivent des chansons. Ils sont très heureux de ma participation à The Voice et ils m'ont dit qu'ils étaient fiers de moi, ce qui est très important à mes yeux.

Comment vous voyez-vous dans 5 ans?
J'aimerais pourvoir continuer à travailler comme je le fais au Jardin Sucré, évoluer si possible dans ce travail et continuer à chanter. Je ne me vois pas quitter mon travail pour tout consacrer à la musique. En tout cas, pas maintenant. Je ne quitterais mon travail que pour quelque chose de vraiment sûr dans la musique car j'ai besoin d'une certaine sécurité. Dans l'idéal, mon rêve serait d'être sur scène tous les jours, de faire des tournées ou des comédies musicales mais cet univers est très particulier et compliqué et j'ai les pieds sur terre.
Pour le moment, j'aimerais donc pouvoir faire quelques concerts et continuer à travailler.

Avez-vous des concerts en perspective?
Oui, 3 dates sont prévues les 18 juin, 3 et 13 juillet dans le nord de la France. Il s'agit de concerts organisés par le collectif The Voice avec 6 à 8 candidats. Sinon, il m'arrive parfois de chanter dans un bar à Paris qui s'appelle Le Baryton (avec un super pianiste!).

Le mot de la fin?
Grâce à The Voice, j'ai vécu une superbe expérience qui m'a fait grandir, gagner en assurance et qui m'a conforté dans le choix de continuer la musique. Je crois beaucoup au destin: les choses arrivent quand elles doivent arriver...

Propos recueillis par Sylvie Schaftlein